Lundi 12 août
Comme ça au moins, je vais pouvoir rouler un peu sans devoir m'arrêter sans cesse pour les photos.
Pas de piste sur ma carte russe, sauf celle qui longe le massif de l’« Ih bogduul ». Mais hier midi, alors qu'une envie de manger dans un "bouiboui" me prenait, j'étais tout content d'arriver à « Bayangovi » juste pour l'heure du déjeuner. De petit resto...point ! Seule une petite épicerie comme toujours. Peu importe, comme il n'y a paraît-il que les vieux pour manger à douze heures et dix neuf heures bien régulièrement, je vais me forcer à attendre un peu d'être sorti du village.
Au Nord de mon agglomération semble bien exister une piste identique à celle de ma carte, mais comme vous le savez, j'ai reçu une lourde correction il y a quelques jours, alors, le chauffeur de la camionnette qui arrive précisément et s'arrête devant sa porte est accosté carte en main. Comme toujours, c'est l'attroupement du voisinage qui s'opère et chacun de vouloir visiter son pays sur le papier ! Mais le renseignement précis à la question posée est long à venir.
La seule chose que je comprends, c'est que la piste que je voudrais bien prendre pour longer l’« Ih bogduul ». est ignorée. Sans doute trop mauvaise? Il me faut redescendre vers le sud, disent-ils, pour contourner l'un de ces nombreux petits massifs de mamelons plus ou moins enchevêtrés qui sont semés un peu partout. Puis les choses se précisent lorsque mon petit carnet de conversation se retrouve griffonné d'un plan de route assez complexe. Devant ma perplexité, le camionneur s'installe à mes côtés face au GPS et désigne sur la carte russe projetée sur l'ordinateur les points de passages de mon futur itinéraire, sans détour, et pour lequel aucune piste n'est tracée. Les Way-points sont immédiatement rentrés et c'est parti pour un trajet de deux jours, partiellement à l'aveuglette, espérant trouver sur le terrain les pistes manquantes promises.
C'est pourquoi, ce matin, dans dix-sept kilomètres je vais devoir m'engager sur un vaste plateau , qualifié de marécageux sur la carte russe. Le temps menace et la piste m'a seulement été promise, par mon conseillé de « Bayangovi ». Aucune indication précise quant à l'endroit où je dois trouver son embranchement. Il va falloir être très vigilant, car la petite expérience acquise m'a appris qu'il est très facile de croiser une piste sans la voir tant elle peut être discrète ou cachée par simplement les herbes présentes. La topographie précise de la carte permet toute foi de deviner ou pourrait bien se situer ce carrefour.
Elle est importante et mauvaise.
Le plateau que la piste fantôme doit traverser plein Ouest est large. La steppe est scrutée aux jumelles qui n'y trouvent aucune trace. Je me donne donc encore cinq kilomètres avant un abandon éventuel. Cinq cents mètres vont suffire. Une piste mal marquée, part plein ouest vers les premières végétations spécifiques aux zones humides. Le sol est très sec, mais des passages précédents en mauvaises conditions ont, dans ces secteurs, fabriqué des ornières et montagnes russes. Le ciel doit se ternir tranquille encore deux heures, le temps d'effectuer, à coup sûr, cette traversée inconnue.
sacoches pour en sortir et m'offrir un litre de lait de jument et un fromage de chèvre. Ce lait de jument, chez les Mongols, fait l'objet d'un rite. Un bol en est offert à l'invité qui, après avoir bu doit le faire circuler pour que chacun des présents y boive à son tour. Bayantsgaan au bout du plateau est son lieu d'habitation. Sans la présence de cette piste, il m'aurait fallu une journée supplémentaire de détour par le sud pour y arriver.
| L’arrivée à Bayantsgaan |
Il n'y a pas urgence, mais les distances sont longues et sur mon itinéraire les villages espacés. Le beau temps est revenu depuis une bonne heure. Hésitation sur l'option à prendre. Se détourner de quarante kilomètres vers le Sud Ouest pour trouver le carburant à Bayan-öndor où bien faire le pari d'un poste au prochain village Chandinani. Le projet initial étant de rallier « Erdéné » en traversant Nord-Sud le massif sur ma gauche, je n'en change pas.
Heureusement pour ce brave homme arrêté, aux côtés de sa moto extrêmement chargée. L'Ovoo surplombant le village en départ de piste, près duquel il est en attente, ne semble pas lui apporter de solution! Les fixations de sa barre de cale-pieds ont cédé. Heureusement qu'une boîte à outils française trouvera une solution provisoire. Le vieux motard, ne sachant comment remercier, me serre dans ses bras et ne me lâche plus. Quelle joie, d'avoir pu renvoyer l'ascenseur !
Nous sommes désormais dans les contreforts de L'Altaï. Ce superbe massif encercle la Mongolie sur son extrémité ouest. Il lui sert de frontière naturelle avec la Russie au Nord, le Kazakhstan à l'Ouest et enfin la Chine au sud. À mi-parcours de cette traversée, j'espère bien me dégourdir les jambes sur l' « Oliyn Ovoot uul » une grosse taupière ronde montant tout de même à 3359m. Le temps menace à nouveau au loin en direction de Chandinani où un très gros nuage se soulage.
Tout le plaisir est pour moi. La moto retourne chercher le passager qui me tiendra compagnie jusque chez lui Il transporte un gros sac d’échalotes, dont quelques unes seront ma récompense. La pluie, rejointe va rendre la piste extrêmement glissante par endroits. Heureusement, le nuage une fois franchi, le soleil est retrouvé avec un sol bien sec et un poste gazole au village.
La piste pouvant me déposer à presque trois milles mètres d'altitude, du bivouac je file faire la petite escapade pédestre projetée.
Depuis le sommet de l’Oliyn Ovoot uul (3359m)
Mardi 13 août
La descente sur Erdéné est loin d'être facile. Elle emprunte un vallon encaissé et donc présente parfois quelques dévers obligeant à lune extrême prudence. Le projet d'y être pour déjeuner, capote !
Pour la deuxième fois, le GPS fait des siennes. Le village Erdéné, est en réalité presque à trois kilomètres plus à l'ouest que prévu ! En fait il semblerait, à la vue de ruines importantes trouvées peu après sur la route, que le village ait été changé de place depuis l'édition de la carte.
Théoriquement, trente kilomètres pour sortir de la montagne. Les six ou sept derniers me prendront
Cadre grandiose et magnifique dans ces gorges et le point de bivouac à la sortie, une pure merveille ! Je ne saurais toute fois conseiller l'itinéraire, un tracé beaucoup plus long par l'Est existant aussi sur la carte.
…on se remet des émotions…
Mercredi 14 août
Hier au soir, il faisait doux et les étoiles brillaient. Normal compte tenu de la perte d'altitude réalisée hier et de la présence, plus bas, à quelques kilomètres d'un immense plateau qui ressemble étonnement, de loin, à un vrai désert.
Ce matin, changement de décor. Le vent s'est levé et l'horizon est totalement bouché par les poussières de sable en suspension. Le parcours à venir est promis comme magnifique, mais si le décor est absent, à quoi bon ?
Il faut de toute façon atteindre à quelque cinquante kilomètres (...de piste...soit...une heure et demie à deux heures de route!) un lieu marqué en tout petit sur ma carte, « Bayantooroy ». Carrefour de plusieurs pistes, un changement d'option pourra éventuellement y être décidé.
C'est demain que devrait être atteint le secteur réputé superbe, une centaine de kilomètres au sud-ouest de Bayantooroy, en se dirigeant vers un petit village planté à quarante kilomètres de la frontière chinoise, Altay.
Dans cette Mongolie, étonnant le nombre d’agglomérations homonymes. Pour s'y retrouver, il est nécessaire de connaître la région d'implantation, l'Aïmag. En fait si vous lisez ces lignes, c'est que j'ai réussi à remonter deux cents kilomètres, plein Nord, jusqu'à la ville d'Altay, située elle sur le grand axe le plus sud pour circuler d'Oulaabaatar à la frontière Ouest. L’ennui, pour les deux Altay cités, c'est qu'ils sont tous deux dans le même aïmag, le Gov'-Altaï ou je me trouve présentement...S'y retrouve qui peut !
Décision prise à l'unanimité. Nous allons nous installer avec « Canasson » ( tient, il semble avoir trouvé son nom!) dans cette sorte d'oasis ou des arbres en grand
Qu'on le leur dise !!!
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