vendredi 12 juillet 2013

1er au 9 juillet – Chine 6 - Fin et adieu!

Lundi 1er juillet

Dès sept heures, le même bus 442, utilisé hier, qui passe devant notre bivouac nous mène en dix minutes à la station de métro « Longze ». Il ne reste plus qu'à jouer les taupes une heure pour être conduit en centre ville.  

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                                    Dans le metro pékinois avec notre jeune guide

C 'est en « pousse-pousse » que l'ambassade est dénichée après bien du mal. L'adresse en possession de notre guide était erronée. La nôtre recueillie sur google map s’avérât être la bonne, mais il fallut attendre que la jeunesse Chinoise se calme !
Les deux « faagua ge » (Français) ayant besoin de page(s) vierge(s) sur leur passeport pour au moins l'un des deux visas nécessaires à l'évasion, le consulat leur promet le document dans les quarante huit heures.
Durant le voyage retour, un coup de fil de Nicolas annonce la fermeture de la frontière Mongole en raison des fêtes du Nadam. Certainement à compter du neuf juillet, et ce pour trois jours. Un nouveau coup du mauvais œil sans doute. Petit calcul rapide : Nous sommes le 1er juillet, 2 jours pour les passeports, autant pour les visas et deux jours de route pour rallier la frontière, cela dans le meilleur des cas nous conduit à sortir de Chine le sept ou le huit. Mais Pierre, d'un naturel très pessimiste et ne résistant plus du tout à la pression de tous ces gros et petits aléas cumulés, nous voit déjà bloqués à Pékin jusqu'à la réouverture de la douane aux alentours du quatorze probablement.
Comme notre jeune guide ne nous est plus utile durant l'attente Pékinoise, il rentrera dans ses foyers ce soir, après que nous ayons établi le contact avec l'ambassade de France.
Mais son départ ne nous autorisera plus l’accès au parking de l'hôtel où nous sommes installés l'accès à cet établissement étant réservé aux seuls Chinois.
C'est donc le parking d'un hôtel de luxe non loin(N40.08659 E116.29585) qui prend le relais.
En toute fin d'après-midi, Gérard de retour d'une exploration du quartier, trouve Pierre en fin de communication d'avec la France. Sa femme est au plus mal, sa décision est prise il rentre ! L'annonce est brutale, mais était prévisible et attendue de longue date.
A dix huit heures, Gérard est maintenant seul dans l'empire du milieu et Pierre, en taxi, roule vers l'aéroport.
Deux heures plus tard, une énorme pluie s'abat sur Pékin comme pour pleurer la tristesse de la séparation.

Mardi 2 juillet

Grand beau. La pluie d'hier au soir a nettoyé le ciel.
Je me suis occupé à quelques maintenance sur le véhicule, un peu désemparé par le départ subit de Pierre auquel toute fois je m'attendais depuis le début de nos gros ennuis mécaniques.
La pollution évacuée, laisse tomber du ciel une grosse chaleur humide qui me coupe toute envie de retourner en ville voire dégagés les sites visités dimanche.
Il me faut aussi un peu de temps pour y voir clair et m'organiser. L'expérience d'une situation similaire en 2010 me laisse confiant pour la suite.
En soirée un message de Pierre annonce le bon déroulement de son retour.

Mercredi 3 juillet

Les heures précieuses de la journée d'hier ont été perdues. Il eut été préférable de les mettre au service de l'organisation des démarches administratives entreprises. Mieux vaut tard que jamais, l'idée de tenter le tout pour le tout pour le visa Mongole, j’entreprends de libérer de son visa une des pages de mon passeport. L'opération est délicate et prend du temps. Mais le résultat étant satisfaisant je me précipite dans le métro. Objectif : l'ambassade de Mongolie. Ayant demandé au réceptionniste de mon hôtel de m'en transcrire par écrit l 'adresse en Chinois, un taxi devrait facilement me faire terminer le trajet.
Je ne suis pas le premier devant le guichet du consulat et la matinée est déjà bien avancée. Une heure est demie de queue. L'avance est lente et le guichet ne me tend les bras qu'à midi sonnante. Et oui, vous avez tout compris ! Un fonctionnaire est un fonctionnaire et le sentiment n'est pas inscrit dans ses règles de fonctionnement. Ainsi le petit vieux, voit il le préposé disparaître brutalement derrière le store vénitien qui vient de s'abattre brutalement, sans prévenir !
A quelle heure la réouverture cette après midi ? Ah bon ?...demain matin ?... Mais non je dois mal comprendre...le Chinois ce n'est pas si simple vous savez !...Mais si...mais si...l'après midi c'est la distribution des précieux documents demandés la veille où plus, me font comprendre quelques Chinois comme moi pris au piège de la tradition du déjeuner.! Comme j'ai oublié la Kalachnikov, on en restera là pour aujourd'hui et demain on partira plus tôt !
Du coup je me venge en dérogeant à une des règles élémentaires de l'hospitalité qui veut que l'on fasse honneur à ses hôtes. Hé bien les Chinois, allez vous faire F....., même si vous n'êtes pas responsable des errances d'un fonctionnaire Mongole, je vais chez les italiens et m'offre un pizza !...que c'est bon...
Trois quart d'heure plus tard, ce petit goût d'europe réactive le neurone, et me vient l'idée d'aller respirer un petit coup d'air Français à l'ambassade, dès fois que...
J'ai sur moi la carte de l'attachée aux affaires douanières rencontrée lundi pour la récupération éventuelle de la taxe d'importation de mon embrayage. Un pousse-pousse puis un taxi restent perplexes à l'audition de l'adresse écrite en Français que je leur lis ! Je sais pourtant que ce n'est pas loin de cette station de métro dont je viens de sortir. Il fait très chaud...je retourne sous terre direction la maison.
Tout juste arrivé, alors que je viens de changer ma carte de téléphone ce matin et donc de numéro, celle héritée de Pierre s'étant avérée totalement vidée, j’appelle l'ambassade de France pour leur transmettre mes nouvelles coordonnées. Mon interlocuteur annonce «  nous essayons de vous joindre depuis ce matin. Tout est prêt ». Quelle déception surtout que la carte qui ne m'a pas permis de me faire comprendre des taxis, vient de chuter de la table du camping-car. Bien sur, comme la tartine, elle tombe à l'envers. Une fois de plus vous avez compris plus vite que moi : l'adresse de l'ambassade y est inscrite en Chinois !
Quarante huit heures perdues...alors que les jours sont comptés...

Jeudi 4 juillet

Il faut faire vite ce matin. Bien sur j'ai trafiqué mon vieux passeport, mais j'en ai un neuf qui m'attend. Alors on ne prend pas le risque de perdre vingt-quatre heures supplémentaires en se faisant refuser le visa sur une page douteuse !
On travail très tôt en Chine. A cinq heures il fait déjà grand jour. Même les Français m'ont avoué commencer entre huit heure et huit heure et demie. Eviter la horde des milliers de Pékinois en mal de fiche de paie aux heures d'ouverture des bureaux ne serait pas non plus une mauvaise idée. C'est pourquoi le petit Français commence a attirer la curiosité des autochtones dès six heures sur les sièges du métro. Bien sur c'est aujourd'hui que le fonctionnaire du consulat à choisi pour tomber malade. Ce n'est qu'à neuf heures qu'il arrives les yeux larmoyants et le nez en cascade. Rien ne me sera épargné, même pas l'angoisse de voir un store vénitien m'occulter un gros mongole à midi tapante.
A dix heures je dis au revoir à mes concitoyens et pour éviter le risque d'une erreur aiguillage de correspondance, je saute dans un taxi. A Pékin comme à Paris, la fluidité du trafic fait parti de l'histoire ancienne ! Je prend des crampes à scruter mon bras gauche porteur de l'heure fatidique. Sens interdit ! Mon adresse transcrite en Chinois est celle de l'entrée de l'ambassade. Mais le bureau des visa est sur le mur d'enceinte de l'autre côté. Et celle-là n'est pas écrite sur mon papier. Vous ne pouvez pas savoir comme c'est grand une ambassade surtout lorsqu'il fait déjà très chaud pendant que vous jouez au Troyen après avoir abandonné votre taxi devant son panneau rayé d'un trait rouge et que vous scrutez sans cesse la montre pour ne par réitérer une mauvaise expérience.
Onze heures et demi, la chemise trempée, je range précieusement le récépissé qui sera à présenter demain au même endroit pour récupérer ce cher visa entre seize et dix sept heures.

Vendredi 5 juillet

Une matiné pour préparer mon carrosse au nouveau départ. Lavage, vidanges et pleins. Tout camping-cariste connaît le rituel. Contact également avec Nicolas qui s’inquiétait de ne plus pouvoir me contacter depuis mardi. Un guide francophone qui sera en fait une demoiselle me retrouvera sur le parking samedi matin de bonne heure pour le départ vers le nord, nord-ouest.
Moral au beau fixe, comme le temps ici, qui est resté dégagé depuis mardi. Mais il fait une chaleur humide proche des 35 à 40°. Vivement le départ. Au moins dans le Gobi, ce sera sec, du moins je l'espère.
La voiture ayant été déplacée vers une zone ombragée le matin, j'ai comme voisinage un fourgon vitré tout neuf. Le propriétaire arrivant d'une séance de piscine dans le bassin intérieur de mon hôtel palace, entreprend la conversation. Il est vrai que j'ai oublié un détail d'importance. Depuis que nous fréquentons les lieux touristiques et grandes villes, il n'est plus rare de croiser des anglophones.
Celui-ci aime la pêche dans les lacs disséminés autour de la capitale et travail à la grande université implantée de l'autre côté du boulevard. Je ne comprend pas bien pourquoi il veut me faire visiter son fourgon jusqu'à que j'y découvre installés un lit et une armoire. Un collègue camping-cariste Chinois donc...
Comme il est midi il propose que nous mangions ensembles et suis prié de le suivre jusqu'au sein de l'université ou mon 4x4 ne passe pas inaperçu.
IMG_0473 Le restaurant universitaire nous sert de cantine. Nous allons boire ensuite une bière dans le bureau de mon hôte dont je n'ai pas compris la fonction en ces lieux. Ce n'est qu'après qu'il visitera mon château avec des yeux qui en disaient long sur son étonnement.
Croyant prendre congé de lui en vue d'aller chercher mon visa, je suis invité à installer ma roulotte à l'ombre dans le parc pour y passer la nuit suivante. Rendez vous est pris pour dix huit heures, moment probable de mon retour de chez les Mongoles.
Ainsi à nouveau ensemble, nous dînons encore au restaurant.. Il est tout juste dix huit heures trente et les étudiants ont eux, déjà terminé.
  Au foyer de l'université nous prendrons un « café liégois » en compagnie de deux étudiantes en Anglais qui avaient été attirées par ce véhicule inconnu présent sous leur fenêtres. Je ne ma coucherai qu'à vingt trois heures après que j'ai du interrompre les visites, discussions et prises de photos de tous ces étudiants curieux du voyageur, de son voyage et de son merveilleux véhicule. Encore une soirée qui restera longtemps gravée en mémoire et qui effacera bien des moments noirs.
Quand je pense que d'aucun roulent et ferment soigneusement leur porte !

Samedi 6 juillet

Mademoiselle Peng descend du bus 442 à la station toute proche de l'université. Il est presque sept heure et je l'y accueille. C'est ma guide pour les deux jours à venir. Le camping-car est lui aussi sur les lieux, prêt à nous enlever tous deux sur la route de Erenot, la frontière Mongole.
Dans les soixante-dix premiers kilomètres au départ de Pékin, la route par trois fois traverse la grande muraille de Chine. IMG_0477 Le site le plus spectaculaire à Badaling est choisi par ma compagne du jour. Malheureusement nous sommes samedi et depuis quelques quatre à cinq ans une grande partie des un milliard trois cent million de Chinois entreprend de visiter leur pays ; Le résultat n'est pas triste et même la grande muraille de Chine transformée en métro parisien aux heures de pointe perd quelque peu de son attrait, tout au moins pour moi.
C'est pour cela qu'après avoir joué des coudes durant une heure, je sonne la retraite. De plus désireux d'être en fin de journée au plus loin pour le bivouac, s'éterniser n'est guère possible.
IMG_0483 L'autoroute présente jusqu'à la frontière permet d'atteindre Chahar Youyi Houqi vers les 18 heures trente. Nous sommes environ cinquante km au nord de Jining. Cette petite ville de tout de même 10000 habitants est un peu fantomatique avec ses immenses avenues à peine achevées et sentant les travaux récents ou ne circulent que très peu de monde. Une de ces rues très calme propose plusieurs petits hôtels. Mlle Peng se renseigne au premier d'entre eux pour négocier sa chambre. En même temps e une place dans la petite cour arrière pour y faire reposer mes chevaux à quatre roues est demandée. Après dix minutes de conversation, il m'est signifié par ma guide que nous quittons les lieux pour chercher autre chose.
J'éclate d'un grand fou rire lorsque la situation ubuesque qui vint de se terminer sous mes yeux sans que je la comprenne m'est dévoilée : la patronne de l'hôtel pourtant Chinoise, n'a jamais réussi à comprendre ce que lui demandait ma guide dans un langage on ne peut plus Chinois...
Heureusement qu'à dix mètre plus loin, un Chinois comprenait lui, le Chinois. N'ayant pas de cour intérieure, il me fait m'installer sur le gigantesque trottoir desservant l'entrée de son établissement, sous ses caméra de surveillance.
Un petit restaurant spécialisé dans le canard laqué nous est indiqué par le patron à cinq-cents mètres de là. Un extra pour l'un des tout derniers repas en Chine ne fera de mal à personne. Il sera même arrosé d'une bouteille de rouge Chinois qui ma fois accompagnera fort bien les funérailles de la bestiole. Le chef, en personne, de main de maître l'exécute sous nos yeux en petits morceaux pris sur l'extérieur pour ainsi conserver sur la chair cette peau luisante à la couleur caramel, caractéristique de cette préparation. La chair intérieure quant à elle, repart en cuisine pour y être rôtie et ré-assaisonnée avant de nous revenir tout aussi délicieuse mais différente au goût. Une salade d'épinard aidera à faire digérer les presque trois kilos de la volaille. En se forçant un peu mais pas tant que cela, les tupperware ne furent pas utiles !

Dimanche 7 juillet

À peine trois cents kilomètres nous séparent de la frontière mongole. En rêvant un peu, si « paperasses » permettent, pourquoi pas cette après-midi...
Une ultime personne, résident à Erenhot la ville frontalière, est déléguée auprès des douanes par l'agence de Nicolas pour aider aux lourdes formalités de la sortie du pays.
Il n'est pas douze heures. Trois heures nous séparant de la rencontre d'avec le « videur  », il est possible de changer la batterie de cellule qui a lâché depuis quelques jours et d'aller se restaurer, même si le canard n'a encore pas fini ses ébats.
De la rencontre assez coure d'avec le « délégué » qui n'est ni anglophone ni encore moins francophone, il ressort que la Chine m'aime bien. Impossible de compter sur une sortie avant le neuf.
Le circuit administratif pour une sortie d'un véhicule étranger est théoriquement de cinq jours et doit donc envisagé d'avance. J'apprends donc que je n'avais pas prévu de sortir de Chine !!!!!
- Donc sortie éventuelle le 9, mais plus probablement le 10 !...
- Alors là, pas possible...la frontière sera fermée jusqu'au 13 !
- Bon, d'accord, on va tout faire pour m'expulser le 9...mais ce n'est pas garanti !
Ha ! Cette Chine...Pour rester saint d'esprit, il vaut mieux avoir une bonne dose de philosophie et tout prendre avec le sourire.

.Lundi 8 juillet

Toujours en Chine, mais seul, dans l'attente du départ. Je suis réfugié dans la petite cour d'un hôtel ou ça sent bon le charbon de la chaufferie fonctionnant porte ouverte. Heureusement les cuisines arrivent à leur heure par couvrir ces effluves d'une autre époque pour nous.
La ville ne présentant pas à première vue d’intérêt particulier, j'ai décidé 24 heures de repos pour rattraper les mauvaises nuits de Pékin.
Ceci me donne du temps pour enfin penser à vous...bien délaissés depuis quelque temps !
Nicolas m'ayant contacté en fin de journée pour savoir comment je m'y étais pris pour obtenir le visa Mongol en 24 h à Beijing (véritable non de Pékin...les ignares), en profite pour me laisser entendre que le départ sera pour demain !
Saint Thomas étant devenu depuis deux mois mon saint patron, je m’efforce de rester stoïque !

Mardi 9 juillet - Chine

Je n'ai pas rêvé de passage de douane, mais j'occupe tout de même la matinée à faire comme si j'y croyais.
Je pars même en ville avec le véhicule, pour faire provision de joints toriques pour réparer une fuite au robinet de l'évier. Hé oui, je progresse, j'ai réussi tout seul, comme un vrai petit Chinois à me faire comprendre...et je n'en suis pas peu fier...Dommage que le départ soit imminent vont penser les mauvaises langues !
A onze heures, le téléphone sonne. C'est Nicolas. Mon videur passe me prendre à 14 h 30.
Ce sera un ultime resto pour ne pas regretter les nouilles ainsi que quelques courses, car dès cette après-midi j'affronte le désert du Gobi....enfin il paraît...
A l'heure exacte, le délégué de l'agence frappe à ma porte et je lui emboîte la roue. Cette fois-ci, je ne vois plus très bien quel pourrait être le nouveau grain de sable.
Environ trois kilomètres pour atteindre la douane.

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