jeudi 25 juillet 2013

24 au 26 juillet – Mongolie 4 – Un tour vers l’Est

 

Mercredi 24 juillet

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  Je connais à Ondörhan, pour m'y être déjà arrêté il y a quelques jours, un excellent hôtel restaurant. C'est la recherche d'une solution au problème d’approvisionnement en gaz qui me l'avait fait découvrir. Les hôteliers sont en effet des consommateurs importants et sont approvisionnés sur place par des services de distribution. Sans doute mon problème peut-il être pris en charge par l'un d'eux. N'ayant pas réussi à me faire suffisamment comprendre, j'avais laissé ce         La rivière Herlen gol  qui traversera Ondörhan               ce problème de côté en le réglant par une

économie drastique de cette précieuse énergie.  

  Toujours est-il, qu'aujourd'hui, peu pressé de retrouver une vraie route, l'envie de savourer un bon plat cuisiné tente mes papilles. Pour être parfaitement honnête, il faut savoir que la présence d'un tuyau d'eau pour des besoins de travaux de maçonnerie avait permis à mes réservoirs de se réhydrater. J'ai donc l'intention de renouveler l'opération.

Si en fin de repas, la manœuvre a quelque peu du mal à démarrer, tout à coup sur l'initiative d'un employé, mon véhicule est invité à se déplacer vers les cuisines, sur un côté du bâtiment. A peine le moteur est-il arrêté qu'un aréopage d'ouvriers et d'employés s'active les un à mettre en œuvre un branchement de tuyau et les autres à faire la queue pour, le remplissage une fois terminé, faire la visite ! Mon départ fut digne de celui d'un officiel.

Pour les gastronomes, cet établissement se trouve environ trois cents mètres, après LE feu rouge, sur la droite en venant de la capitale (un rappel nécessaire pour les neurones usagés : Ulaabaatar) 

L'eau en Mongolie est rare. Il y pleut assez rarement, la période des précipitations étant essentiellement l'été. Il est très courant, y compris dans des agglomérations de moyenne importance, de croiser de petits chariots chargés de plusieurs réservoirs de ce précieux liquide, tirés par quelque personne, souvent des enfants. Le lieu d'approvisionnement peut-être le cours d'eau voisin, la citerne de distribution ou plus rarement un puits.

Vous l'aurez compris, avoir trouvé un robinet d'eau et qui plus est avec un tuyau était une aubaine bien venue pour un camping-cariste. Pour les adeptes, la douche deux fois par jours dans ce pays, dure...dure...dure... !

Dans l'attente de la cuisson de mon plat, carte déployée, je cherche à reculer l'échéance du macadam et du retour en ville. Fort de mon expérience toute neuve et pour l'instant heureuse, des petites routes, j'ai une forte envie de quitter Ondörhan par le Sud-Ouest, en direction de Bayanmönh et de poursuivre ainsi cet axe en direction d'Ulaabaatar, via Bayanjargalan et Bayan.

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                          Comme prévu, pour l'après-midi, bonne petite piste dans l'ensemble, dans un cadre enchanteur et ce ne fut pas pour déplaire, avec quelques moments de navigation intéressants...surtout lorsque l'imprécision d'une carte vous indique des axes en fait inexistants où au tracé totalement fantaisiste. Mais en Mongolie, vu la diversité des passages, il n'y a que l'embarras du choix, le problème étant de faire le bon.

Bayanmönh est rallié suffisamment tard pour justifier d'un bon arrêt « dodo », à peine plus loin, auprès de la fidèle Herlen Gol qui ne me quitte plus depuis que je suis son cours!

Jeudi 25 juillet

La piste a beau être bonne, c'est fou ce que les rares passages délicats arrivent à faire dégringoler une moyenne. De plus, il y a un bon moment que je suis dans la nature, sans avoir pu (ni même essayé) donner des nouvelles.

À l'unanimité, ce matin, il a été décidé de partir tôt. Sachant qu'à Bayan, la piste rattrape une excellente route goudronnée, la capitale n'est pas impossible ce soir.

Sûrement distrait un moment (il ne faut pas toujours incriminer les cartographes...), je me retrouve engagé sur un axe à l'orientation satisfaisante mais restant très proche de L'Herlen gol (...le neurone s'agite... c'est bien...vous avez trouvé... « la rivière principale de la région »...). IMG_0663Il s'en suit immanquablement et à plusieurs reprises, quelques passages d'une extrême lenteur dans des marécages asséchés, heureusement, mais vraiment pas très roulants.  Une fois sorti de ces mauvais pas, que du bonheur jusqu’à une exploitation minière peu après Bayanjargalan. Là, la présence d’une route en gravillons pour les besoins de l’industrie, fera considérablement diminuer et l’allure et le confort.

Du coup, arrivant à Bayan, me jeter sur la grand-route ne me passionne toujours pas.                             Le village Bayandjargalaan                 D’ailleurs, pourquoi existe-t-il une piste                                                                                        semblable à celles des derniers jours qui remonte, elle aussi, par le sud-est de la capitale jusqu'à Dzuunmod ?

...Et bien, pour me faire saliver !                                  

Le problème inattendu celui-là, est la présence de la ligne du transmongolien, traversant Nord-sud le pays depuis la Sibérie pour finir sa course à Pékin (...en Chine...pour les nuls!). Après une demi-heure d'errance dans le village de Bayan, ou d'après la carte, prend naissance ma piste, je ne trouve aucun moyen de franchissement des rails, perchés sur un ballast en surélévation.

Dépité, le projet est abandonné et remplacé par la route goudronnée. Sorti du village, dans un hameau plus loin, se devine une piste orientée vers la voie ferrée. Ultime tentative ! Un passage est présent, mais une porte cadenassée en ferme l’accès. De la Gers tout proche sort une dame qui ne comprend rien à mes explications, même carte en main. Heureusement, sa fille d'une quinzaine d'années, appelée à la rescousse, ose mettre en pratique ses connaissances toutes neuves de la langue anglaise. Pas facile de se comprendre, d'autant que son interlocuteur n'est, lui-même, pas très bon.

Finalement, le petit billet demandé ayant changé de main, la clé du paradis ou de l'enfer s'ouvre.

Navigation difficile, pour se sortir de travaux routiers inactifs, effaçant souvent les nombreuses traces devant théoriquement permettre de retrouver plus loin la piste souhaitée. IMG_0671 Après une bonne heure de tours et détours sans jamais de demi-tour (on ne fait pas les choses à moitié!), il semble que la clé de l'énigme soit résolue. Le compas est d'accord avec la carte et le terrain, donc il n'y a plus qu'à...

quelle récompense : la lumière est superbe sous ce soleil pleinement revenu. Les troupeaux de chevaux se succèdent tous plus importants les uns que les autres. Lorsqu'ils me cèdent la place, le léger contre-jour de ma trajectoire embrase leurs  IMG_0674 crinières. Le tout dans le décor d'une steppe aux dimensions maintenant plus réduite par la présence de reliefs proches.   Tout cela, tapissé d'une herbe lumineuse et la présence d'un sol sans cahots sous les roues de mon fidèle serviteur, c'est à hurler de bonheur même vitres ouvertes, ce dont je ne me prive pas, sur de ne pas déranger les voisins.

IMG_0678              Fin d'après-midi, à moins de cinquante kilomètres de Dzuunmod, que sont ces quatre ou cinq groupes de pierres assez hautes, dressées autour semble-t-il d'un trou ? Je me plonge dans le guide de Mongolie, mais ne trouve pas l'explication.

En tout cas, c'est trois kilomètres plus loin que je IMG_0675vais dormir. (N 47,40646 E 107,13921)

 

Je ne peux vous souhaiter bonne nuit sans tenter de partager avec vous ce petit bout d'un spectacle que je ne me souviens pas avoir déjà vu. Alors que le jour s'est totalement éteint, mais que les montagnes à l'ouest sont encore dessinées par un léger filet orangé, en face, à peine sortie de l'horizon, tel un défi, luminosité en moins, mais aussi rougeoyante que le serait le plus joli des levers de son concurrent soleil, derrière deux légers nuages, la lune est là, joufflue à en éclater.

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