jeudi 25 juillet 2013

09 au 12 juillet – Mongolie 1 – Le Gobi

Mardi 9 juillet - Mongolie

En deux heures, je suis sur le sol mongol...enfin libre de mes mouvements. Quelques minutes de route pour atteindre Dzamiin üûd. Un bureau de change efface de mes poches les ultimes traces de mon passage chez les Chinois et me voici, vers seize heures trente roulant non pas vers le désert, mais à travers les petites ruelles des quartiers pauvres de la bourgade dessinée par des palissades de bois. Un jeune qui m'avait gentiment conduit au bureau de change que je ne savais trouver s'est offert le plaisir d'un retour remarqué chez lui, à mon bord.

Dès la sortie de ville, le ton est donné. Nous sommes en Mongolie et les voies de communication sont principalement des pistes. Je roule prudemment en observant à la loupe le comportement de la cellule au système de fixation modifié. Rares sont les zones à plus de trente kmh. Mais le comportement du véhicule est excellent.

Vingt heures, le jour déclinant déjà, le bivouac est choisi à l'écart de la piste en plein désert sur un sable à très gros grains, offrant un sol compact.

Quel bonheur !

Mercredi 10 juillet

Quatre heure et demie. Des raisons que la raison ignore m'obligent à me lever. Le jour est en train de poindre. Un rideau entrebâille, modifie mon planing immédiat et me fait me précipiter sur la caméra : le ciel est en feu à l'horizon. Le spectacle tiendra dix bonnes minutes.   IMG_0501

IMG_0502 S'attaquer au Gobi dans ces conditions ne se refuse pas. Je ne suis pas le seul, car quelques kilomètre à la ronde se devinent des nuages de poussières d'autres usagers ayant opté pour d'autres parallèles. Ainsi on ne se gène pas.

Ce n'est pas le Sahara. Point de sable à perte de vue. La couleur verdâtre donnée par une petite herbe rase couvrant un cailloutis ocre fait transparaître une atmosphère reposante. Je croyais avoir à me confronter à un monde exclusivement minéral. Ce n'est pas le cas en tout cas au long de cet axe « routier ».

IMG_0493Cent vingt kilomètres durant, il faudra naviguer facilement sur une piste pas trop accidentée sur laquelle   je me suis retrouvé essentiellement seul. Les souvenirs de trois années en arrière lors de ma traversée d'ouest en est du pays on vite resurgi et très vite l'impression d'être chez moi m 'a envahi.

Après cette grosse centaine de kilomètres, la route en construction devient utilisable sur la majeur partie du reste du parcours. Il faudra tout de même laisser place libre aux zones de travaux en reprenant plaisir à la conduite sur piste.

IMG_0505 Sans que l'on n’y prête attention, l'herbe est de plus en plus présente. Son vert profond témoigne certainement d'une saison pluvieuse. Du reste, c'est vrai, les essuie glace reprennent périodiquement du service. Le ciel bleu d'hier s'est obscurci de nuages de plus en plus noirs. Il faut se rendre à l'évidence, à peine goùté, ce Gobi que j’appréhendais un peu a-t-il laissé place à la grande Mongolie des images d'Epinal. Peut-être faudrait-il lui rendre visite plus à l'ouest ?

 

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En tout cas, de passage à Choyr sur le coup des dix huit heures, une belle animation attire mon attention à l'entrée de la ville et me remémore que les festivités du Nadam ont du commencer hier.

Je suis à plus de 450 km des Chinois, je me pose. La fête est ici de faible envergure et la pluie en a sûrement gêné le déroulement. Un petit tour parmi les autochtones me redonne l’odeur et les couleurs de cette Mongolie de 2010. Je ne trouve toute fois pas, où suis-je encore trop timide face à ces Yourtes (oh ! Pardon !...ces Gers ) pour y dénicher une collation qui me fait pourtant bien envie.

Je me sens encore trop touriste face à ces gens, il me faut le temps de redevenir voyageur !

En tout cas, quelques places de parking sur le terrain en terre se sont libérées juste auprès des premières Gers. Le 4x4 vient s'y blottir. A défaut de les avoir abordés, je dormirai auprès d'eux.

La pluie tombe maintenant avec régularité, et la fraîcheur oblige à s'envelopper dans la couette.

Jeudi 11 juillet

J'hésite entre plusieurs options. Rester ici pour profiter de la fête, où bien filer jusqu'à la capitale à 250 km plus au nord. Peu de réflexion m'incite à partir.

L'ambassade de Russie ne chôme peut-être pas les fêtes du Nadam. Auquel cas déposer la demande de visa de suite pour la Sibérie laisserait la possibilité de vagabonder un peu sur les routes de l'est en attendant.

En même temps, je ne me pardonnerais pas de laisser passer ma chance aussi faible soit elle. Il avait dix ans et doit avoir bien changé avec ses treize ans actuel. Saurais-je même le reconnaître s'il se retrouvait face à moi ? Que lui a réservé la vie ? La petite tente violette les à-t-elle aidé, lui et son père à conjurer le sort ?

J'aimerais savoir, j'en meure d'envie. L’embrassade de Russie est fermée, tant mieux. Je me dirige tout droit sur les lieux des courses de chevaux à trente km à l'ouest d'Ulaanbaatar. Mon petit chiffonnier qui doit maintenant être grand, y ramasse peut-être toujours ses bouteilles plastique pour survivre. (CF : Solo sur la piste mongole et kazakhe).

IMG_0519 IMG_0525 De plus voici l'occasion de tourner à nouveau ces scènes du Nadam dont le vol de la caméra en 2010 m'a définitivement privé.

Je suis sur les lieux à dix huit heures. Malgré une foule et un nombre de voiture énorme, je trouve place aisément à quelques mètres de mon emplacement de 2010. La caméra, sous le soleil revenu tourne goulument une partie des images perdues.

Mais, le miracle n'a pas lieu, nous ne nous croisons pas.IMG_0518

 Beaucoup de choses ont changé. Le modernisme à frappé, pour le confort des uns et le déplaisir des autres. Le village de Gers est maintenant posé sur une gigantesque dalle de béton circulaire. Une infrastructure énorme en toilettes, camons de vidange, poubelles où point d'eau pour les Yourtes ainsi que parking goudronné pour les gros véhicules, ne laisse peut-être plus place à la débrouille de mon gamin et son père.

 

L’authenticité des gens, elle, n'a pas changé. Comme il y a trois ans, je m'y sens bien et j'y passerai la nuit. 

Vendredi 12 juillet

Beaucoup de monde a passé la nuit sur place. Beaucoup de tentes sont dressées un peu partout. Beaucoup d'entre elles abritent ceux qui toute la journée vivront de la vente de cerf-volents et autres petits jouets adorés des enfants où bien s’improviseront cuisinier sur des barbecues de fortune en rassasiant de brochettes le spectateur. Certains même, plus organisés ont équipé leur coffre de voiture break d'une véritable petite cuisine, concurrençant ainsi les “gers” officielle de restauration.

Dès huit heures, la horde des voitures venues essentiellement d'Ulaanbaatar commence à s'accaparer les places de parking libérées hier au soir.

IMG_0523 IMG_0524 Aujourd'hui, dernier jour du Nadam, a lieu la course de chevaux la plus importante. Les jeunes cavaliers sont tous des enfants choisis pour leur qualité de cavalier certes, mais surtout pour leur légèreté. Seul le cheval est admiré pour sa performance, laissant ainsi dans l'ombre son maître du jour.

Un impressionnant dispositif policier jalonne la totalité du parcours, empêchant l'intrusion de tout spectateur sur le terrain. Les trois cents derniers mètres de course sont bordés par des tribunes ou les plus chanceux et surtout matinaux ont pu trouver place.

  Dans l'heure précédent le départ, un hélicoptère militaire vient faire un lâcher de parachutistes qui nous effectuent un atterrissage de précision sur la ligne d'arrivée des chevaux déjà partis se mettre en place à 18 km de là, en arrière d'une petite crête de collines.

Seuls les commentaires un peu plus enflammés, les mouvements de foule et la montée d'un nuage de poussière sur l'horizon, permettent à l'étranger de comprendre que les choses sérieuses on commencé derrière la montagne. Les jeunes cavaliers ont lancé leur monture. Certains âgés d'à peine huit ans, font figure de vrais professionnels. La grande majorité monte à cru. Après quelques minutes, les phares d'une dizaine de voitures 4x4 de sécurité précédant et encadrant la course, se devinent dans la couleur ocre du sable soulevé par les sabots des animaux.

En plus de la sono, les commentaires s'animent dans une foule de plus en plus en mouvement. Certaines familles sont de toute évidence très concernées par la bonne ou mauvaise progression d'un cheval sur lequel repose leur réputation.

Enfin les trois premiers cavaliers se présentent au pied de la côte finale. La cravache bat sans cesse de droite et de gauche et à un rythme effréné la croupe de l'animal au bord de l'épuisement. L'habit au départ magnifique a pris la même teinte que les visages de ces enfants, masqués de la poussière au travers de laquelle brillent encore deux yeux qui n'expriment que la volonté de vaincre.

A peine la ligne d'arrivée franchie, un père ou un grand frère, saisissent au vol le jeune cavalier et la bride de sa monture et les éclipsent, souvent au galop à travers la foule en direction de leur campement dressé à quelques centaines de mètres de là. Des dizaines de spectateurs en délire, prenant tous les risques, tentent de porter leur main sur cet animal valeureux, symbole de la fierté Mongole.

Loin derrière, certains concurrents se racontent déjà leur aventure, laissant leur cheval au bord de la rupture finir le parcours au pas. D'autres, encore moins chanceux, ont laissé leur monture passer seule la ligne d'arrivée.

Une sieste dans un champ à l'écart de la poussière, permet au gigantesque embouteillage des voitures sur le départ, de se résorber.

Petit tour à l'ambassade russe pour constater leur fermeture avant de s'installer dans la cafétéria au sixième étage d'un grand magasin pour profiter d'une WIFI gratuite et de vous « tailler la bavette » quelques temps.

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