vendredi 15 novembre 2013

1 er au 19 juin - Chine 3 - L’épreuve!

 

Samedi 1er juin / Diagnostique

La tête est lourde ce matin. L'apéro bien appuyé et le petit vin rouge sorti pour accompagner les saucisses lentilles françaises d'hier au soir, passent mal pour Gérard. Il fallait bien se redonner un peu de moral !

La cellule est toute fois déposée et calée dans la cour du garage. Elle nous servira d'hôtel le temps nécessaire à un bon vrai départ.

Au lever des ouvriers, apparemment tous logés dans un dortoir à l'intérieur des bâtiments administratifs, le porteur est prêt pour l'auscultation.

Poussé par dix à douze mains, le patient est roulé jusqu'au pont élévateur des ateliers. Deux heures plus tard, le massacre se dévoile : tout le mécanisme d'embrayage est à changer, y compris les disques neufs remis à Osh !

La tuile, c'est l'impossibilité d'obtenir les pièces en Chine...Il faut commander en France.

Le PC chauffe et Skype est mis en demeure d'appeler le garagiste Villardien de Gérard ainsi que Berry son voisin.

Tous deux comme un seul homme proposent de se charger du nécessaire, commande et expédition. La prise en charge jusqu'à notre retour, du problème financier est aussi proposé. Cette solidarité désintéressée nous touche très profondément et le « moralomètre » remonte de plusieurs graduations.

Installés comme des Pachas dans notre résidence, à côté des ateliers, les ouvriers souriants, défilent et envient notre installation. Leur propre situation est tellement proche de celle d'un centre d'hébergement pour SDF, que nos trente-cinq heures hebdomadaires semblent provocatrices ! Nous les observons à la tâche jusque très tard en soirée et sans doute n'y a-t-il pas de week-end : un véritable esclavage. Malgré tout nous les sentons attentifs à nos petits besoins et fiers de nous aider.

Eau, électricité et toilettes à disposition, la petite machine à laver portable a été à la tâche toute la journée. Profitant du fait qu'elle ne nous est pas nécessaire ici, la salle de bain endommagée et réparée sommairement en Azerbaïdjan (...les étourdis, il faut suivre...CF : gerardenchine.blogspot.fr) est un peu mieux rafistolée.

Dimanche 2 juin

Pierre, sans doute par solidarité a refilé sa crève finissante à son équipier qui n'en finit pas de couler comme une fontaine.

Suite des opérations de restauration de la salle de bain. Outils en mains,Gérard n'est pas le seul, puisque, comme nous le supputions (celui là il vient de loin!), aujourd'hui dimanche tout le garage est au travail.

Les péripéties de ces dix derniers jours n'ont pas permis de mettre à jour notre petit roman. Comme dans le train au retour de Lhassa l'écrit a bien avancé, Pierre aujourd'hui ajoute les photos et assure la mise en ligne. C'est pas pour dire, mais quel boulot vous nous donnez...!

Merci quand même, car vous nous aidez à ne pas rêver que d'embrayage et de châssis

.

Lundi 3 juin / L’attente commence

 

Bien sûr nous surveillons attentivement nos boîtes mail. Avec le décalage horaire (6 heures) il faut faire preuve de patience. Dès hier, Berry, le voisin de Gérard a demandé des renseignements supplémentaires pour DHL, l'expéditeur désigné pour le précieux colis : Le numéro de téléphone du garage, pour la livraison. On s'occupe de nous à 10000 kilomètres de notre campement et ça fait du bien de ne pas se sentir seuls.

Aujourd'hui, c'est le garagiste de Gérard qui annonce avoir trouvé les pièces, non chez son fournisseur habituel, mais chez Ford. Il reçoit le tout à son garage jeudi et fera l'expédition au plus vite.

Le délai pour la livraison en Chine n'est pas connu, d'autant que le dédouanement peut prendre du temps. Au mieux, huit à dix jours pensons-nous. Mais allez savoir ! On peut toujours rêver d'une bonne surprise.

DSCN1604                                                       Notre camping…DSCN1597

 

Mardi 4 juin / Communication

Dure , dure, dure, la communication. Malgré nos mimiques, dictionnaires et dessins, rien ne semble compris. Nous sommes muets dans cette Chine qui ne ressemble vraiment à aucun autre des pays que nous connaissons. Partout dans le monde nous avons réussi à communiquer, tant bien que mal, certes, mais jamais nous ne nous sommes sentis aussi démunis qu'ici. Nulle rencontre avec qui l'anglait ait pu permettre un peu de compréhension. Même les gestuelles semblent toutes différentes. Un signe indiquant au chauffeur de taxi de continuer tout droit le fait s’arrêter ! Un pouce levé pour indiquer la quantité « un » à un commerçant n'est pas compris ; il faut lever l'index ! La prononciation de nos quelques mots usuels quant à elle déclenche au mieux commentaires et sourires. Ici, nous sommes muets et totalement illettrés.

Pour fixer les roues sur le toit, sans les sangler sur la benne du 4x4, ce qui condamne la baie du séjour et la porte du gaz, la confection de quatre plaques métalliques avec crochets qui seraient vissées et collées sur le haut de la cellule a été imaginée.

Dans un premier temps, les ouvriers du garage semblent s'être proposés à exécuter ces objets. L'un d'eux s'est même présenté, mètre en main, pour en dresser les plans. Après deux jours d'attente sans rien voir venir, nous avons cru comprendre que ce n'était plus possible.

Il faudrait trouver en ville l’équivalent d'une quincaillerie. Mais comment s'y prendre ?

Une poignée de tiroir prélevée sur un aménagement de la voiture ferait parfaitement l'affaire. Donc nous allons nous en servir comme modèle pour demander ou acheter à Golmud.

Aussitôt Gérard croit comprendre du chef des ouvriers qu'il va s'en occuper lui même. Le modèle est mis en poche. Il ne reste plus qu'à attendre la prochaine interprétation...

En attendant, ne sachant plus trop à quel saint se vouer, nous filons faire quelques courses en ville, car la gastronomie Chinoise ne nous à pas, pour l'instant, convaincu.

 

Mercredi 5 juin /Patience

Notre poignée de tiroir n'a toujours pas fait de petits...L'Asie est le pays de la patience. Armons-nous-en, mais pas de trop, car il n'est pas question de fixer ces crochets la veille du départ...car nous allons repartir...un jour...

Encore un saut en ville. Le garage étant en périphérie de Golmud, nous sommes loin du centre et notre courage n'est pas suffisant pour se lancer à pieds. C'est donc en taxi que ces trajets sont effectués. Très peu chers, ils sont extrêmement nombreux. Majoritairement conduits par des femmes, ce n'est pas pour déplaire à Pierre. Armés d'une feuille de papier sur laquelle, Pitchou, notre dernier guide nous a inscrit en Chinois nos principales destinations, nous nous débrouillons comme des chefs.

Après de nouvelles courses au marché, notre choix de restaurant se porte sur un petit établissement voisin. Pas de carte avec dessin sur les tables. Aussi, nous optons pour le plat majoritairement commandé sur les tables environnantes. Un seul grand bol pour nous deux. Indescriptible et tout aussi insipide, nous n'en viendrons pas à bout! 

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Un bon café avec petites galettes Saint-Michelet chocolat pris à « la maison » nous réanimerons les papilles gustatives.

 

Jeudi 6 juin / Bonne nouvelle

Le pauvre berger allemand, attaché dans un coin de la cour sous un hangar, n'en finit pas de gémir et aboyer depuis hier. Peut-être, le changement de temps, venteux et moins ensoleillé n'y est-il pas pour rien. En tout cas la pauvre bête tenue à une chaîne d'à peine deux mètres ne peut bouger. Jamais détaché, nous ne voyons pas très bien son utilité comme gardien.

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L'attente de la fin d'après-midi va être longue. Avoir des nouvelles du garage est notre préoccupation. Les pièces sont elles bien arrivées? Si elles ne partent pas avant le week-end, nous risquons de « rempiler » dans notre campement pour une semaine supplémentaire. Nous sommes bien installés, mais quand même. Nous avons bien un visa de trois mois en poche, mais point faut n'en trop !

Fin d'après-midi pour nous, de matinée pour l'Europe. Le garage des Geymonds à Villard-de-Lans prévient avoir bien reçu toutes les pièces comme prévu.

Cette première bonne nouvelle va remplacer une bonne berceuse ce soir.

 

Vendredi 7 juin / Ca part

Berry, le voisin de Gérard est absent de Villard pour ses obligations professionnelles. Sans doute est-il même à Chamonix. Prévenu de l'arrivée des pièces, il quitte son travail et rallie son domicile situé à tout de même deux grosses heures en voiture.

À midi , heure française, Gérard le contact au téléphone par Skype, pour donner d'ultimes renseignements nécessaires à DHL, l'entreprise chargée d'acheminer le colis.

Tous les documents en poche, ce super voisin fonce désormais déposer le paquet en banlieue grenobloise, au siège du transporteur. Il ne faut pas se laisser avoir par le week-end arrivant. En fin d'après midi français, les formalités accomplies, l'embrayage rejoint Lyon d’où il s'envole à 23 heures.

Merci les amis pour votre solidarité.

Il ne nous en fallait pas plus pour sortir l'apéro avant le diner pris à la maison. Mais auparavant, à midi, nous décidons de nous venger du repas désastreux d'avant hier en franchissant la porte du restaurant d'un joli petit hôtel trouvé à un kilomètre du garage. Sa localisation est très inattendue, au milieu d'un petit coin de banlieue à peine habitée, ci ce n'est par toute une suite de petites boutiques plutôt garnies de produits industriels.

Comme cette fois, il ne faut pas rater la commande, nous demandons, faute d'une carte illustrée, à choisir en cuisine notre menu. Quelle n'est pas notre surprise de trouver autour des fourneaux pas moins de sept personnes. Sans compter le patron qui nous accompagne, deux femmes sont en salle pour le service ainsi que deux autres au comptoir de la réception. Il n'y aurait rien d'étonnant à cela si nous n'étions les seuls clients !

Bon repas avec deux plats de viandes coupées en fines lamelles et mélangées à des légumes souvent difficiles à identifier, mais bons. Le bol de riz fait également partie du décor. Pour le choix de ces viandes, Gérard en cuisine, a mis à l'épreuve ses talents d’imitateur. Presque à quatre pattes devant les fourneaux, les gros « Rrron, Rrron » émanent de son nez n'ont laissé aucun doute sur le premier choix. Pour la deuxième viande, c'est le patron lui-même qui s'y est collé en se fabriquant des cornes avec ses bras tendus au-dessus de la tête et jouant au bélier. L'hilarité était générale chez le personnel toqué.

Ce jour, la communication semble avoir fait un pas en avant.

 

Samedi 8 juin / On attend

Une semaine déjà que nous sommes dans notre “camping”. Au garage, nous commençons à faire parti des meubles auprès des ouvriers.

DSC00721                                                   Cheveux rouge, dit,  “poil de carotte”

Relancé à mainte reprise pour nous procurer les attaches nécessaires à l'installation des roues sur le toit, le chef d'atelier (p'tit gros), armé d'un grand sourire, amène Gérard à son chef de garage. Celui ci fait monter le Français dans la camionnette de l'entreprise, l'amène quérir le matériel nécessaire.

P'tit gros, gentiment, proposera la transformation des loqueteaux trouvée en crochets de fixation, renforcée et repeints en blanc.

Vivement ce soir, pour prendre des nouvelles du voyage ne notre précieux paquet. Le suivi de colis de DHL, décrit toutes les étapes. Après donc le départ de Lyon à 23 heures, il arrivait à Leipzig à 1h38, pour ce retrouver à Hong-Kong à 19h19. La rapidité nous laisse augurer d'une bonne suite.

 

Dimanche 9 juin / On y croit

DSC00720                                                   En Chine, tout se répare, même ça…

Le temps a viré au froid tout d'un coup, ce qui a permis à Gérard, adepte des fenêtres ouvertes où entrebâillées la nuit, de se laisser avoir par un filet d'air pervers, venu caresser son coup délicat et lui faire cadeau d'un bon torticolis.

Pierre réclame des nouvelles du paquet français. Mais Gérard, seul détenteur du N° de suivi, fait durer le suspense en réclamant d'abord son petit déjeuner.

Enfin l'ordinateur s'ouvre. Malgré le froid régnant dans la cellule, Pierre est en nage. Il verdit même à l'annonce de la connexion impossible (poisson d'avril...).

Enfin, le verdict tombe : à 8h02, heure locale désormais, puisque toute la Chine œuvre dans le même fuseau horaire, le dédouanement des pièces est annoncé comme accompli à Hong-Kong. Ne reste donc plus qu'à les acheminer jusqu'à Golmud, notre cité hôte.

Mais ça, c'est un raisonnement d'Européen, et nous sommes en Chine le pays de l'imprévisible...

Pierre ce petit futé, a réussi à faucher le N° de suivi DHL à Gérard. Ainsi tout laisse à penser qu'il fera de l'informatique toute la nuit à venir...

Nous venons de rentre de notre resto préféré, dans la zone artisanale. Avant même le café Pierre s'est encore rué sur internet. Et bien, le colis et repassé entre les mains de DHL à Hong Kong. Cette fois on y croit vraiment. Ne reste que l'erreur de pièce !!!

 

Lundi 10 Juin / La deuxième semaine

C'était sans compter avec l'administration chinoise. Bien sûr Hong-Kong est une planète à part sur ce vaste territoire asiatique. Pékin veut, à son tour, dire son mot en tant que procédure de dédouanement. C'est pourquoi, le colis arrivé pourtant dès dimanche à 23h50 heure locale dans la capitale Chinoise, est toujours en procédure de dédouanement à 11h23 ce jour. Le miracle ne s'accomplira pas, il ne faut pas compter recevoir quoi que ce soit avant demain et à condition que les paperasses s'achèvent avant ce soir.

Y avoir un peu cru, rend la déception plus forte. Mais, de France, DHL avait prévu une arrivée pour mardi ou mercredi.

Pour briser l'attente, reste le resto d'à côté qui confirme sa qualité et a pris le statut de cantine du midi.

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Il y a aussi les sorties dans Golmud, permettant nos achats journaliers. Les trajets se font facilement en taxi, tant ils sont nombreux et vraiment peu chers. C'est une petite ville de la province du Quinghai, avec une forte minorité musulmane. Elle est tout de même peuplée d'environ 150000 habitants. Aucun cachet particulier ne la caractérise, et d'aucuns doivent bien se demander en nous croisant de-ci de-là, ce qui peut bien justifier notre présence en ces lieux. De longues artères rectilignes s'y croisent à angle droit, sans que rien ne les distingue les unes des autres, ce qui rend l'orientation difficile pour nous autres, pauvres illettrés du mandarin.

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Les convois journaliers de plus d'une centaine de camions militaires qui en partent en direction de Lhassa indiquent sa vocation de ville de garnison. Campée au départ de cette route du Tibet, l’intention semble claire !

Cela fait deux semaines que nous sommes bloqués à Golmud, on va pas en rajouter pour vous faire voir les nombreuses casernes. Donc pas de photos.

Point positif, un aéroport existe, et ce tout près de notre quartier banlieusard. Le colis n'aura donc pas de mal à nous rejoindre lorsque le bon vouloir de l'administration douanière l'aura décidé.

En fin d'après-midi, comme chaque jour, plusieurs curieux et curieuses parmi nos voisins et voisine de garage, viennent humer les petits plats (modestes) qu'essaient de se concocter les deux Français dans leur petite cellule. Mais leur répulsion à accepter de goûter nos petits mets n'a d'égale que la notre à l'égare d'une partie de leur cuisine. Nos deux mondes sont décidément opposés !

 

Mardi 11 juin / Blocage douanier

Dès le lever, avant même déjeuner, consultation du tableau de suivi du colis de DHL. Rien n'a changé. Il faut se rendre à l'évidence, vue la distance Pékin-Golmud, même par avion, ça semble « râpé » pour aujourd'hui.

« Petit Gros », notre chef d'atelier tout nouvellement rebaptisé « Petit pas »par Gérard qui se trouve une certaine similitude par la corpulence, aborde dans l'atelier son rival d'esthétique qui s'y promène.

Petit carnet en main, le Français explique le problème du blocage douanier à Pékin. La situation est de suite bien comprise, ce qui dénote de réels progrès de communication de part et d'autre.

DSCN1606                                           Wu Yong Xiang, le chef de garage

Peux de temps après, « Petit Pas » dans sa démarche particulière d'un chasseur alpin n'arrivant pas à avancer, d'où son nouveau nom, grimpe à bord de la cellule et tente en vain de prendre contact avec les bureaux de DHL à Pékin. Le message circule de suite dans le garage.

Du coup nous sentons beaucoup de compassion dans le regard de ces ouvriers qui nous entourent et partagent notre déception.

DSCN1605                                                       Les secrétaires du garage

Le déjeuner est pris en ville en vue d'enchaîner par quelques courses. Fait étonnant, il y a beaucoup de monde dans les rues et il y règne presque un air de fête. Hier après midi nous avions fait la même observation. Serais-ce que le week-end est décalé chez les Chinois ? Comme ici, rien n'est comme ailleurs, pourquoi pas !

En soirée, toujours rien de nouveau sur le site DHL.

 

Mercredi 12 juin / Fête des bateaux dragons

Sur le site même des suivis de colis de DHL, Pierre vient de découvrir une petite croix à la gauche de l’intitulé : « informations complémentaires : », annonçant logiquement pour nous l'étape suivante inscrite à sa droite. Le clic sur cette petite croix révèle les deux phrases suivantes : «  Des documents additionnels doivent être fournis par l’importateur pour que le dédouanement puisse se poursuivre » « Un agent DHL contactera l’importateur concernant ces documents. Nous invitons le client à appeler le Service Clients s’il n’a pas été contacté. »

Sommes nous restés trois jours à attendre alors que nous devions nous manifester ?

Aussitôt, Nicolas est appelé, mis au courant de la situation et chargé de régler le problème. Très vite il nous rappelle. L'agent DHL sur Pékin a été joint. Il explique que les douanes sont fermées trois jours pour cause de fête des « bateaux dragons » ! Une reprise de contact est donc prévue pour demain.

Si nous n'avions rien soupçonné de cette fête au sein du garage toujours en activité, ça nous donne l'explication du monde rencontré en ville ces deux derniers jours.

DSC00730                                     Notre petit  coin de France perdu en Chine.

 

Jeudi 13 juin / Toujours  pas dédouané!

Dès 9h, Nicolas a déjà contacté DHL Pékin ainsi que le directeur du garage. Il nous décrit ensuite le déroulement de la procédure à venir. Le garage va recevoir les frais de dédouanement et dès le versement parvenu entre les mains des douanes, la fin de l'acheminement pourra avoir lieu. Combien de temps tout cela prendra t-il, c'est une nouvelle inconnue?

 

Vendredi 14 juin / On dédouane

Toute la journée sans nouvelles. Nicolas est appelé pour interroger DHL dont nous ne comprenons pas le silence alors que tout était parti si vite !

A 16 heures, le téléphone sonne. C'est un mail de notre guide. La somme à verser et les coordonnées bancaires du bénéficiaire y sont inscrits en claire dans un document tout en Chinois.

Immédiatement, réalisant que nous avons une petite chance de mener à bien cette dernière tracasserie administrative avant le week-end, c'est le branle bas de combat. Nous courrons vers les bureaux dans l'espoir d'y trouver le chef de garage. Personne si non deux secrétaires avec qui nous sympathisons depuis le début de notre bivouac en ces lieux.

Le temps tourne, il faut faire vite. La secrétaire de direction lit le message enregistré sur le téléphone de Pierre. Le même message figure sur le téléphone de la direction. Les deux documents sont comparés. Nous tentons de faire comprendre que nous voulons aller de suite à la banque pour y effectuer le virement. La secrétaire sort alors précipitamment non sans nous avoir tout d'abord griffonné deux mots en Chinois sur une feuille, puis au passage gratifié d'un large sourire.

Elle a du partir à la recherche du chef de garage. Le temps passe et personne ne revient. L'heure tourne. Bientôt 17 heures et personne ne revient. Nous n'y croyons plus, jamais le virement ne sera fait avant la fermeture du week-end.

Dix sept heures trente. Alors que nous envisageons de filer tout seuls comme des grands à la banque, sans aucune aide, apparaît souriante la secrétaire, suivie de son patron. Ils nous invitent à les suivre au bureau ou ils exhibent avant de le scanner, le récépissé du virement qu'ils viennent d'effectuer à la banque de Chine.

C'était donc ça, cette absence pour nous interminable. La secrétaire était parti récupérer son patron sans doute à son domicile et ils s'étaient immédiatement occupé d’effectuer le virement.

Pour la première fois, des asiatiques nous étonnent par leur efficacité.

Avant dix huit heures, le scan du récépissé est déjà entre les mains de DHL qui nous avait fait dire par Nicolas que dès réception, le colis serait remis dans le circuit d'expédition.

En effet sur le site de suivi, le statut du paquet change pour devenir : « Livraison organisée. Aucun détail prévu ».

Comme les week-end ne semblent pas exister pour tout le monde en Chine, l'espoir est grand de voir arriver le précieux paquet avant Lundi...

 

Week-end du 15 au 16 Juin / Ming-tienn

Rien de chez rien ! C'est désespérant ! Administrativement tout est réglé et sur le suivi de l'envoi DHL le statut du colis ne change pas.

Pour la première fois, Gérard avoue une baisse de moral : le colis s'est il perdu, tout risque t-il d'être à refaire ? Idée insupportable, tant moralement que financièrement.

La nuit de samedi à dimanche est très mauvaise, tant ces perspectives négatives sont ruminées.

Dimanche soir, Mr Yang, le directeur du garage, d'habitude très distant, se détache du groupe des ouvriers avec qui il s'entretient à quelques mètres de notre logement. S'approchant de notre porte restée grande ouverte, pour la première fois se dessine un sourire sur son visage et une parole nous est adressée : « Ming tienn » . Cette expression présente dans le petit vocabulaire que nous nous sommes établi est traduite par « Demain ». Tous les ouvriers nous regardent et souriants nous lâchent à leur tour des « Ming tienn ».

La fin de l'attente sonnerait elle ?

 

Lundi 17 juin / Toujours… ming-tienn

Nicolas a joint DHL puis monsieur Yang au téléphone.

Nous sommes ainsi informés que le fameux DHL ne peut acheminer le colis plus loin que la ville de XINing située à quelque 800 kilomètres de Golmud ! Pour une entreprise qui se vante d'être la plus rapide et efficace à travers le monde entier et qui ne manque pas de faire payer très cher ses services, c'est inadmissible à nos yeux.

Mais, nous précise notre guide francophone, monsieur Yang se charge d'acheminer le colis de XiNing à son garage par le biais d'un transporteur de ses connaissances. Il nous en coûtera bien sur un petit payement supplémentaire que DHL devra nous rembourser !

Nous y croyons bien fort, ce qui permet aux « nuages roses » d'apparaitre dans nos rêves...

 

Mardi 18 juin / Un “soixanthuitard

« Bon anniversai...re nos vœux les plus sincè...res.... ».

Eh oui, aujourd'hui Pierre fait un pas de plus vers la sagesse des anciens ! Il faut dire que ça ne peut pas lui faire de mal... !

Bref ! C'est jour de fête et il est prévu d'arroser ça ce soir au restaurant. Auparavant, un petit apéro avec le personnel de notre garage se déroulera dans la cour de notre demeure.

La matinée est donc consacrée à quelques courses en ville, pour tuer le temps et ne pas penser qu'au plus agréable des cadeaux qui pourrait arriver « incessamment sous peu », l'embrayage !

Devenus très philosophes, c'est sans presque sourciller que nous avalons la nouvelle de l'arrivée du colis pour demain matin seulement.

...Eh bien oui...nous sommes en CHINE... vous ne vous en souveniez plus ? Donc rien de plus normal que les ordres et les contre-ordres ! La douche écossaise, en quelque sorte, bien que notre longitude actuelle nous en tienne fortement éloignés...

Dix-huit heures, notre petite table de camping se garni de bouteilles de jus d'orange et quelques amuses gueules. Les invités, quittant les divers postes de travail, arrivent. Nous les servons avec plaisir, mais leur timidité à tendre la main vers les divers petits plats nous déçoit un peu. D'aucuns prétendent avoir les mains sales et il faut les convaincre d'oser.

Après dix minutes hésitantes, l'atmosphère est au beau, mais certains, dont le chef d'atelier, ont déjà disparus, retournés semble-t-il à leurs occupations.

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Nous sommes un peu déçus que notre petite fête puisse tourner court si vite. Seuls les deux ou trois plus jeunes ouvriers ainsi qu'une secrétaire sont encore avec nous.

Tout à coup, la petite fourgonnette du garage entre dans la cour, vient se garer à côté de la cellule et Yong Xiang, le chef d'atelier accompagné d'un ou deux de ses acolytes, descendent tout souriants, portant solennellement une grosse boîte cartonnée, cerclée d'un gros ruban rose. Tout le personnel réapparaît.

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Place est faite sur la petite table de camping. Pierre, en maître de cérémonie, dénoue le cadeau et fait ainsi apparaître un énorme gâteau rond couvert d'une épaisse couche de crème rose et blanche, sans doute une chantilly chinoise.

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Tous deux nous étions restés presque à jeun depuis le matin, pour ne pas compromettre le gueuleton prévu pour le dîner. Mais là l’émotion étant trop forte nous nous créditons tout de même d’une petite part pour tous les accompagner.

La cuisinière restée en cuisine, mais déjà priée de venir prendre part à la fête, apparaît portant deux petites assiettes. Avec le peu dont elle dispose dans sa triste petite cuisine, elle a tranché quelques fruits et tomates.

Du coup, l'apéro s'anime et se transforme en une véritable petite fête qui se prolonge au-delà de toutes nos espérances. L'heure tourne et alors que le rangement est presque terminé, nous sommes invités à prendre place dans la fourgonnette au volant de laquelle a pris place Yong Xiang. Notre voyage vers le restaurant a lui aussi été organisé.

Quatre plats, pas moins, ont été prévu par l'ancien du jour. La carte étant illisible et pour cause, c'est le patron du resto devenu notre cantine de luxe qui en a fait le choix dès hier. Gérard sort du sac la bouteille de Sylvanner mis au frais dès le matin. Le gueuleton peut débuter sous l’œil attentif d'un personnel qui, maintenant, nous connaît bien lui aussi. Parfois une serveuse vient à notre secours lorsque nous paraissons encore trop novices en baguette, pour saisir une sorte de pâté de tête enveloppé d'une gélatine des plus glissante. Mais force est de reconnaître que nous avons désormais acquis une certaine dextérité en la matière. Nos hôtes n'ont même plus idée de nous fournir des couverts.

Les plats envahissent la table et n'arrivent pas à se finir tant ils sont copieux.

DSCN1627                       Il ne faut pas trop regarder son vis à vis entrain de manger….

La bouteille tire à sa fin, l'anniversaire est presque consommé et que voit-on arriver devant la porte du restaurant ? La camionnette du garage ! Notre chef d'atelier accompagné d'un de ses ouvriers est de retour pour nous éviter de rentrer à pieds.

Ils sont fous ces Chinois ! Nous allons nous coucher émus jusqu'aux larmes.

Mercredi 19 juin

Ce matin nous traînons au lit dans l'espoir de raccourcir le délais d'attente. Midi est l'heure annoncée pour l'objet de tous nos désirs. Mais au fond de nous même, nous sommes quelques peu incrédules. La Chine est insaisissable et nous la croyons capable de nouvelles facéties.

Devant nos ordinateur, depuis le fenêtre de notre chez nous, nous ne perdons pas des yeux le moindre mouvement de voiture entrant dans la cour du garage.

Onze heure quarante cinq, une soudaine agitation nous sort de la torpeur engendrée par l'attente .

Tous les ouvriers au travail dans le fond de la cour passent sous nos fenêtres et tout souriants, nous font de grands gestes. Comme un seul homme, nous sortons et tout émus observons DSCN1638_thumb1la boîte carton déjà à demi ouverte, d’où sont extraites chacune des pièces nécessaires à notre libération.

DSCN1634_thumb1Tout le garage ou presque se retrouve à pousser le 4x4 immobilisé depuis trois semaines. Il prend ainsi place sur le pont élévateur de l'atelier.

DSCN1639_thumb1Les deux mécaniciens en titre, annoncent la fin des opérations pour la fin d'après-midi.

Mais comme Gérard a également prévu de changer le maître cylindre d'embrayage, le travail risque d'être plus long qu'annoncé.

Sur ces entre-faits, Nicolas, prévenu par le patron du garage du début des travaux, décide d'envoyer immédiatement un guide en provenance de Xiling, celui-là même qui nous avait reçu en cette même ville lors de notre voyage rocambolesque vers Lhassa.

Nous doutant du non-achèvement des travaux pour ce jour, l'initiative ne nous plaît guère. Nous n'avons pas l'intention de payer quelqu'un à ne rien faire...

25 au 31 mai - Chine 2 - Vers le Tibet


Samedi 25 mai  /Absurdité chinoise
Nous ne sortons tous deux de notre sommeil qu'à neuf heures quinze ! Pour des gens qui ont habituellement du mal à dépasser les sept heures, ça en dit long !
Environ cinq ou six jours de travail sont prévus. Lhassa vient de nous passer sous le nez à deux jours près après trois mois de voyage.
L'agence chinoise dont dépend Nicolas a obtenu l'autorisation nécessaire pour faire pénétrer le groupe au Tibet. L'original de ce papier officiel est entre les mains de Pitchou, le guide tibétain qui encadre les quatre véhicules en route pour la ville sainte des bouddhistes tibétains.
Nous décidons de tenter l'aventure, nous y rendre par le train.
Direction la gare de Golmud pour prendre les billets. Mais la seule présentation par Nicolas de la photocopie de la fameuse autorisation est insuffisante. Il faut l'original. L'aventure tibétaine s'arrêterait elle là ?
C'était sans compter avec les folles propositions de notre guide et notre ténacité à ne pas vouloir s'avouer vaincu.
Si l'original de l'autorisation est nécessaire à Golmud, il ne l'est pas à Xining, ville située à 800 kilomètres plus a l'est/ nord-est. À la gare de cette ville, nous sommes assurés de pouvoir prendre les billets avec la seule photocopie du précieux sésame. Vous n'y comprenez rien ? Et bien si ça peut vous rassurer, nous non plus. C'est ça la Chine : Ordres et contre-ordres avec une grosse dose d'absurdité !!
Nous avons le temps, le train n'est pas cher. Seuls les milliers de kilomètres à faire nous font hésiter. En plus, savoir que dans un peu plus de vingt-quatre heures nous serons revenus à notre point de départ après avoir parcouru 1600 kilomètres uniquement pour aller prendre nos billets paraît on ne peut plus aberrant. Mais décisions est prise. De retour en France les regrets de ne pas avoir tenté notre chance seraient sans cesse ressassés.
Départ donc pour Xining à 22 heures. Comme partout, pour les accès à des lieux publics nous avons droit à une fouille des bagages et des personnes. Il est bien évident que pour cette dernière, nous choisissons si possible la file où sévit une fonctionnaire...mignonne !
Nicolas, qui reste sur place, a pu nous obtenir des couchettes « dures », autrement dit des secondes .
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Les premières sont dites "molles"! Une nuit sur les deux à faire s'annonce ainsi acceptable.

Dimanche 26 mai / Xining: un billet pour Lhassa

Au matin nous retrouvons un nouveau guide nous attendant à la sortie de la gare.
DSCN1477                                      Pas facile de trouver un chinois parmi des chinois!
Il va nous accompagner toute la journée. Le spectacle, sur une grande place magnifiquement fleurie,
DSCN1484                         Xining petite ville provinciale de 2,6 millions d’habitants…..
de plusieurs groupes pratiquant en musique leur gymnastique
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ou encore chantant en cœur sous la direction d'une chef bénévole, est fascinant.
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Un superbe musée sur le Tibet tout proche aura ensuite l'honneur de notre visite.
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Après quoi, la chaise d'un restaurant sera la bienvenue tant la nuit en train a été peu confortable.
DSCN1513                                     Fabrication de pâtes à la main
Quelques pas encore dans l'après-midi pour flâner dans un gigantesque parc très animé par une population en week-end, venue s'aérer.
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DSCN1522                Nous n’avons pas su si les chiots étaient destinés à la casserole.
Bien sûr, le billet de train pour Lhassa est depuis ce matin dans notre poche. Il ne reste plus qu'à patienter à la terrasse d'une guinguette au bord du grand lac agrémentant le parc. Un excellent thé aromatisé de divers fruits, trône devant nous.
Un bon dîner, puis, à 22heures à nouveau dans le train.
DSCN1531                                          Steward au garde à vous à l’entrée du wagon.
Après la traditionnelle fouille, nous entamons notre deuxième nuit, mais sans couchette cette fois.
C'est allongé dans le couloir à demi glissé sous les banquettes que Gérard pourra dormir environ six heures alors que Pierre, fidèle au siège « dur » du train, attrape la crève DSCN1536dans notre wagon non chauffé.




C'est allongé dans le couloir à demi glissé sous les banquettes que Gérard pourra dormir environ six heures alors que Pierre, fidèle au siège « dur » du train, attrape la crève dans notre wagon non chauffé.
 











 Au premier plan: Gérard: les vieux… ça dort beaucoup!

Lundi 27 mai / Enfin Lhassa

Au matin, nous sommes ainsi de retour à Golmud laissé 36 heures plus tôt. Mais, billet en poche, nous pouvons cette fois enchainer jusqu'à Lhassa.
Le trajet de jour est agréable.
DSCN1539  Gérard gardera longtemps le souvenir de la fille en jaune: Elle voulait l’amener chez elle!
Le beau temps permet d'admirer un paysage très aride et montagneux au début pour progressivement laisser place à une herbe rase faisant le régal de grands troupeaux de Yacks disséminés sur de hauts plateaux gigantesques à plus de 4 300 mètres d'altitude le plus souvent bordés de hauts sommets enneigés. Parfois, marmottes et gazelles (peut-être...) nous saluent au passage.
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Comme le train longe la route, nous revivons avec émotion, les étapes difficiles des jours précédents en reconnaissant les lieux.
DSCN1545                                                  A nouveau le Yangste Kiang
Finalement nous n'avons pas trouvé ce trajet ininterrompu de 24 heures, exagérément long ou exténuant ( c’est Gérard qui le dit).
Un col franchi à 5200m d'altitude fait sans doute de ce train, inauguré en 2006, le plus haut du monde.
À peu de temps de Lhassa, deux massifs montagneux exhibent chacun leur point culminant respectivement à plus de 6000m puis 7000m.
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Le jour vient tout juste de s'éteindre que le convoi s'immobilise en gare. Après quelque 48 heures de voyage, nous venons d'arriver à Lhassa.
A la descente du train un policier chinois parlant anglais nous saute dessus et nous accompagne jusqu’à la sortie pour vérifier qu’un guide nous attend bien et qu’il a l’original de l’autorisation d’entrée au Tibet. On n’y entre pas facilement!
En nous souhaitant la bienvenue le guide retenu par Nicolas nous offre une écharpe blanche. Une voiture avec chauffeur nous conduit à notre hôtel situé à 10km de la gare dans le vieux Lhassa.
Celui-ci rejoint, le sommeil est immédiat. En 48 heures nous avons parcouru 2800km.

 

Mardi 28 mai / On voulait voir Lhassa et on a vu Lhassa.
 
Des lectures que nous avons faites, des images vues soit au cinéma soit à la télévision il ne reste rien. Alexandra David Neel ne pourrait s’y retrouver.
La ville est moderne, ripoliné, aseptisé,”bétonisé”,”chinoisiné”. Bien sur il reste le Potala, restauré repeint chaque année, la vielle ville quant à elle est entièrement en travaux pour devenir  une ville touristique. L’armée et la police sont omniprésentes. Nous n’avons n’est jamais vu autant de policiers au mètre carré. Et comme il est interdit de les prendre  en photos nous n’avons pas beaucoup d’images de la ville moderne. Les magasins sont tenus généralement par des chinois, les publicités, les enseignes sont en idéogrammes, quelques fois en écriture tibétaine.
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Mais il y a les pèlerins tournant sans fin autour du Potala ou autour du Jokhand.
DSC00556                            Vente de beurre de yack pour les lampes des temples
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Dés neuf heures, visite du Potala.
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C’est un palais-forteresse du XVIIe siècle,  sur la colline de Marpari (« la colline rouge »), au centre de la vallée de Lhassa. Comprenant un « palais blanc » et un « palais rouge », ainsi que leurs bâtiments annexes, l'édifice incarne l'union du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel et leur rôle respectif dans l'administration du Tibet. Construit par le cinquième dalaï lama, le palais fut notamment le lieu de résidence principal de ses successeurs, jusqu'à la fuite du quatorzième, en Inde, après le soulèvement contre l'armée chinoise en 1959.
DSC00535          La partie rouge était réservé au Dalaî lama, la blanche à l’administration.

L'après-midi, nous ne refusons pas une bonne sieste avant d'aller nous promener en ville en soirée après les fortes chaleurs de l'après-midi. Nous sommes pourtant encore à 3800m d'altitude.
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Mercredi 29 mai / Monastères tibétains


Visite de deux monastères, l'un à quelques kilomètres de Lhassa le Drephung, et l'autre non loin de notre hôtel situé au cœur de la vieille ville le Jokhang.
Drepung est le plus grand de tous les monastères tibétains, et de fait à son apogée était le plus grand monastère au monde. Il a été fondé en 1416  Les 2e, 3e et 4e Dalaï-lama sont enterrés à Drepung. C’est aussi à Drepung que s'établit le 5°, avant de s'installer au Potala dont il ordonna la construction pour l'administration de l'État tibétain. Drepung est situé sur la montagne de Gambo Utse, à 5 kilomètres à l’ouest de Lhassa.
À son apogée, avant l'invasion chinoise du Tibet en 1951, le monastère a logé 15 000 moines.
Aujourd'hui la population au monastère est beaucoup plus restreinte avec simplement quelques centaines de moines. Imposée par le gouvernement chinois qui contrôle sévèrement les monastères tibétains,  la population monastique a considérablement baissée.
DSC00652                               Drapeaux de prières tendus dans la montagne.
DSC00643                             Vente de branches de genièvre en guise d’offrande.
DSC00659                                                            Chanteurs de sutra
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Impossible de photographier à l’intérieur les moines demandant 2,5€ par ….  pièces visités !!!
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L'argent distribué à profusion par les pèlerins en tous lieux de cet édifices, même hors des troncs, nous procure un réel sentiment de malaise. Les moines ramassant au balai et à la pelle ces offrandes papier ensuite stockées dans de grands sacs achèvent de nous écœurer. Le guide constatant notre profond ressentiment, hésite à continuer ses explications sur le Boudisme.
Le Jokhang,  est le premier  temple boudhiste construit au Tibet. Cœur spirituel de Lhassa et lieu de pèlerinage depuis des siècles.
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DSC00703     La seule photo prise à l’intérieur.  Des moines, gros et gras comptent leurs billets.
Demain doit nous ramener à Golmud auprès de notre habitation que nous espérons en état de marche. Toute fois, la décision de ne pas tenter le diable est prise. Nous prévenons Nicolas et le groupe de notre intention d'interrompre le circuit Chine pour rentrer seuls, au plus court, par les routes les meilleures. Ce sera un autre voyage, mais qui peut-être super sympa.
L'urgence est de sortir de Chine, car un véhicule étranger ne peut y rester quelque soit son état.
Encore au moins quinze jours pour atteindre via Pékin, la frontière Mongole.

 

Jeudi 30 mai
Lhassa, c'est fini. Nous allons reprendre le cours de notre voyage à bord de notre véhicule que nous espérons réparé. Dix heures de train à nouveau et nous serons à Golmud ce soir pour 22h30.
Stupéfiant de voir tout au long de la voie ferrée ces tentes isolées occupées par des gardes-voie. Au passage du train il n'est pas rare de les observer disséminés sur le parcours, au garde-à-vous, tournés vers le train et le saluant militairement.
Aux abords du point le plus élevé du parcours, le sol a blanchi sous une petite neige tombante.
Nicolas nous attend à la gare de Golmud pour nous aider à régler les dernières formalités avec le garage et organiser nos derniers quinze jours chinois : guide et itinéraire.
X'Ian est sur notre route future : nous n'aurons pas tout perdu.

Vendredi 31 mai / Faux départ
Nicolas doit nous conduire pour huit heures au garage. En effet, le groupe ne souhaitant pas être retardé un peu plus, il doit prendre la route en leur compagnie à 8h30. Auparavant il doit nous aider dans les démarches administratives nécessaires au garage pour récupérer notre véhicule réparé.
Le temps presse donc et notre guide nous invite à passer en premier au bivouac de nos quatre équipiers des mois ou jours précédents pour leur dire au revoir.
Seuls, Momo, Patricia, Armelle et Véronique viendront à notre rencontre nous dire quelques mots de réconfort. Nous les en remercions chaleureusement. Il est vrai qu'il n'est que 7h30 et que les douches peuvent être encore occupées !
Surprise ! Arrivés au garage, les ouvriers ont déjà replacé le porteur réparé, sous la cellule. Malheureusement, les astuces de montage connues du seul Gérard qui en est l'auteur ne s'inventent pas toutes seules. Il nous faut tout refaire, mais l'intention a été très appréciée.
Il reste encore avant de partir un gros travail de remise en place de nos affaires contenues dans le coffre du porteur totalement démonté. Puis pour diminuer le porte à faux et ainsi soulager le châssis, les roues vont quitter le panneau arrière pour prendre place vers l'avant sur le toit de la cellule.
Pour ce faire, il faut improviser une fixation par sanglage sur la benne, ce qui condamne l'ouverture de la grande baie vitrée du séjour et la porte du coffre à gaz.
Les doutes sur le bon comportement de l’embrayage avaient été signalés et la réparation demandée. Hors à peine partis, le patinage intempestif des disques nous oblige à faire demi-tour.
Nouveaux essais, quelques réglages sur la pédale et tout nous est signalé comme OK. Nous reprenons donc le départ, mais avec l'angoisse au ventre, car les symptômes persistent.
Quelques vingt kilomètres plus loin, la voiture est en roue libre, même vitesses enclenchées ; l'embrayage est mort. Le garage nous voit revenir sur sa dépanneuse. La situation devient compliquée et anxiogène !
Nous allons attendre dans notre petite demeure enfin retrouvée, que le démontage de demain révèle la maladie.